Pourquoi un jour j’aurais un canard
Déjà parce que mon Walt Disney préféré reste Donald. Ma femme adore mon imitation de Donald. Bon, ca lui rappelle son père qui, lui aussi imite Donald. Je ne suis pas sur que sa source d’apprentissage soit même.
En ce qui me concerne j’ai appris a faire Donald à 8 ans dans mon bain. Je jouait avec mes Gi-joe (oui, avant d’être un block buster hollywoodien, Gi-joe était un dessin animé et plein de figurines étaient vendues à l’effigie de nos héros). Du bruit de canon « brouam » est devenu, un attaque massive des Joe contre la tyrannie cobresque et… bbrrouaaammmm puis… ben le bruit de Donald quand il parle.
Ensuite, parce que plus tard, j’ai eu un canard. Ou plutot mon beau père a eu un canard. Ca eu le don d’amuser mon père qui, souhaitant sans nul doute déplaire à ma mère,(la joie des couples divorcés) a tenté de m’en offrir un.
Môman ayant menacé de faire le canard aux navets si je revenais avec, mon père a accepté de se raviser. Mais quand c’est beau papa qui en ramène un… ben elle râle mais ne le fait pas au navets.
Alors un canard, quand ca arrive dans une maison, c’est une grande source à emmerdes. Au sens propre. Deux pas, une fiente, deux pas, une fiente.. Bref on fini par marcher dans la maison avec une serpillière sous le bras et on investi dans les chaussons IKEA. Parce que la crotte de chien au réveil c’est pas top, mais c’est rare aussi. Avec le canard, on commence un entrainement para-militaire aux champs de mine.
La dessus ma mère m’annonce fièrement « on part en vacances aux Antilles, tu garde la maison et le canard ». En fils adolescent de l’époque j’ai répondu « pas de problème, mais le canard, il passe 10 jours dans ta baignoire ». M’ayant cru capable de cruauté envers les animaux, elle a quand même essayé de trouver un échappatoire au canard. Las, faute de solution viable, elle a jugée que le canard serait moins en danger avec moi que chez des amis avec des chiens. J’ai donc gardé Figaro (si… si.. c’était son nom. Mon beau père m’ayant ne lisant pas Libé…) dans leur baignoire 10 jours durant.
10 jours = 10 vieux tee shirt. Un par jour dans la baignoire pour qu’il n’ai pas trop froid le canneton. retour des classes: pince à linge sur le nez et hop! le teeshirt dans un sac poubelle.. Personne ne peux imaginer à quoi ressemblait ce truc. Depuis j’ai vu un épisode de M.D House sur quelqu’un intoxiqué par les fientes de pigeon et j’ai peur. mais bon.
Au moins j’avais, après m’être débarrassé de l’immondice, le plaisir d’exercer une joie sadique: rincer la baignoire. Et voir cette boule de poile jaune essayer laborieusement de sortir de la baignoire avant que le jet d’eau ne l’atteigne, finir immanquablement par se vautrer dans la pente de la baignoire bien lisse et glisser, sans manquer de me lancer son regard écoeuré sous mon jet… sadique je vous dis.
Finalement il a grandi. On a aménager son couffin dans la pièce de la chaudière. 40° été comme hivers. le top pour la boule de plume (ben oui, quand pousse ca perd ses poils et ca prend des plumes. Ca mue aussi: on passe de cui-cui à coin-coin). Il s’est arrangé pour la casser la grille de ventillation pouvait du coup sortir tranquille vers la piscine. En vrai canard d’intérieur, il ne sortait que quand on était là ou presque. La c’est devenu marrant: des qu’on arrivait pour déjeuner pres de la piscine, le coincoin débarqué cherchait des pieds, et se vautrait dessus. Et là pas la peine d’essayer de se lever à moins d’avoir des chaussures de ski: un coup de bec sur les orteils vous fait vous rasseoir aussi sec. Et le grand jeu, c’était d’arriver à faire une longueur dans la piscine sans que la boule de plume, qui franchement vaut bien du Alain bernard sur un 100, ne vous choppe le pied. Sinon, ce n’est pas gagné pour sortir de l’eau sans douleur.
On s’attache à ce p’tit truc finalement.
Et du coup, ben j’aurais de nouveau un canard
Comment ça s’est fini pour Figaro? en mode désossé par un chien dans le jardin. Mais 15 ans plus tard, j’ai toujours une pensée affectueuse pour mon canard.